Hommes de dieu et hommes du diable de Jacques Isorni – Année 1964
Hommes de dieu et hommes du diable Dans la première partie d'”Hommes de Dieu et Hommes du Diable” ‘, Jacques Isorni, se servant d’une “clé de saint Pierre” , ouvre des portes inconnues du Vatican. Il raconte le sort qui lui fut réservé lorsqu’il alla à Rome voir Pie XII au nom du Maréchal Pétain, Jean XXIII au nom des prisonniers politiques de l’Algérie française et révèle surtout une importante négociation secrète entre De Gaulle et Pie XII, à laquelle il assiste dans l’ombre, à l’insu des deux intéressés. Ces récits lui permettent d’évoquer Rome et d’esquisser des portraits véridiques de quelques hommes d’Eglise éminents, de Paris et de Rome, et notamment du plus illustre d’entre eux, Mgr Roncalli, qui deviendra Jean XXIII.
La deuxième partie nous conduit, après une nuit dans les les de Madrid, au Pardo dans le bureau du Général Franco propos duquel l’auteur trace un parallèle avec le Général le Gaulle, puis à Tolède, dans les ruines de l’Alcazar, pour néditer sur l’importante progression du marxisme. Enfin, la troisième partie est tout entière consacrée à l’extraordinaire déjeuner pris avec Donna Rachele Mussolini, pendant un été en Romagne. Donna Rachele raconte librement un Mussolini intime et familial, les rapports véritables de ce dernier avec le roi et ses ministres, avec Hitler et, enfin, après sa propre captivité, les conditions hallucinantes dans lesquelles lui furent rendus les restes de son mari.
Ce récit, avec l’évocation du procès de Vérone, constitue un des documents humains les plus étonnants qui se puissent lire.
L’itinétaire qui mène l’auteur de Paris à Rome, de Paris Madrid, au cœur de la Romagne et en Castille suit une ligne directrice qui donne au livre son unité. C’est en voyageur des prisons et pour des prisonniers que Jacques Isorni nous entraîne derrière lui sur sa route. Il a, pour une fois, presque toujours abandonné son style de combat afin de se laisser séduire par les paysages et par les monuments découverts en chemin et, s’il reste passionnément fidèle à toutes les causes qu’il a défendues, il laisse apparaître une sérénité dans le ton qui donne à ce voyage autour des “‘ grands hommes” une émouvante gravité.