Sursis au désespoir de Petit Henri 1972
D’un journal de pensée abondant qui s’étend sur de longues années, Henri Petit n’a encore livré au public que des fragments. Ce volume : SURSIS AU DÉSESPOIR, tiré de cahiers récents, est le constat pathétique d’une solitude qui, étant le lot commun de tous ceux qui pensent, les unit plus encore qu’elle ne les sépare.
C’est un grand refus lucide et passionné à la conjuration de périls et de lâchetés qui vouerait vite notre civilisation au néant si les meilleures intelligences ne se ressaisissaient pas. Moraliste affable et tendre, Henri Petit a le visage séculaire de sa Bourgogne natale.
Il en a l’âme pure et forte. Au pays d’Avallon et de Vézelay, du Cousin et de la Cure, il doit ses inspirations de poète et sa réalité charnelle. Plus penseur que philosophe, il n’a rien d’un homme à système. Observateur méticuleux, comme l’ont été les plus grands, de Montaigne à Joubert en passant par La Roche-foucauld et La Bruyère, il semble toujours suivre en rêve les chemins de la pensée. Peut-être cherche-t-il à sa façon une méthode qui serait d’abord un art de vivre.
Une sorte d’Imitation de l’Homme, aussi pulpeuse que ces champs et ces vignes qu’il a tant aimés. Aucun ordre architectural apparent dans ce jaillissement d’idées neuves et de confidences, souvent profondes, au hasard de l’heure et du jour. D’instinct, l’écrivain fuit tout développement, tout didactisme. Pourtant, sous l’aspect si vif, si nuancé, d’une pensée toujours en mouvement, on perçoit une constante intérieure, l’âme d’un chant grave.










