Vivre dans son corps : Expression corporelle et relations humaines de Jacques Dropsy
Pour eux ces quelques pages pourront être la carte bien grossière et incomplète d’un itinéraire vers une sorte de pays perdu personnel. Il y a d’ailleurs entre ces pages et la réalité, dont elles parlent, toute la différence qui sépare un vague croquis topographique du pays véritable qu’il représente. Pour d’autres enfin, ces pages, lues sous la seule lumière de la connaissance intellectuelle, paraîtront peut-être n’être qu’affirmations arbitraires et maladroites. En effet, si nous savons que les idées présentées ici sont liées par une cohésion interne profonde, qui est celle de l’expérience vécue, elles ne visent pourtant pas à démontrer, ni à convaincre. Ni hypothèses de départ, ni aboutissement d’un pur raisonnement intellectuel, on pourrait intituler ces pages : « Propositions nées d’une pratique ».
Ceci précise leurs limites. Comme telles, elles s’offrent à la comparaison avec d’autres expériences vécues et à la vérification par la pratique sur soi-même. Mais elles s’affirment impénétrables par l’attaque intellectuelle seule, puisque leur réalité relève pour nous non du raisonnement, mais de l’évidence vécue. Pour reprendre un exemple souvent donné par les maîtres du bouddhisme Zen : pour savoir si l’eau d’un bol est chaude ou froide, il faut y mettre le doigt; il ne sert à rien de dis-Nous nous sommes d’ailleurs apercités e nos conclusions, nées de l’expérience de certaines activités : danse, art dra-matique, psychanalyse… étaient confirmées par celles d’autres hommes dans des domaines différents de l’art, de l’artisanat, du développement psychologique ou de l’expérience religieuse. En ce sens, ce que nous avons trouvé de plus intime et de plus riche dans notre pratique est ce que nous avons de plus commun avec ceux qui sont allés au même niveau dans les voies les plus diverses. Nous rejoignons ici les conclusions de la philosophie traditionnelle : nombreux sont les chemins, unique est le but.
Et ce but est intérieur. Mais son résultat apparaît aussi dans le corps. Le processus d’alchimie intérieure qui accompagne la lutte de l’artiste ou de l’artisan avec la matière dans laquelle il veut exprimer, sans le trahir, le meilleur de lui-même, aboutit à une intégration analogue de tous ses moyens physiques et psychiques. Et le résultat, pour qui sait regarder, en est visible de la même manière dans les yeux et dans le corps de tel moine, aussi bien que de tel musicien, de tel savant, voire de tel potier ou de tel ébéniste. Nous trouvons en eux la même unité dynamique de la personne, enfin réalisée à travers un long corps à corps de l’esprit avec la matière et d’abord avec la plus proche de toutes : son propre corps. Ce livre parlera donc à la fois de deux choses : d’abord d’une certaine possibilité d’intégration du corps et de l’esprit conduisant vers une unité et une liberté plus grandes de la personne totale ; d’autre part il décrira notre méthode de travail. Elle ne prétend ni à l’exclusivité, ni à la perfection. Elle a le mérite d’être entièrement pratique et d’avoir prouvé son efficacité au cours de nombreuses années d’application. Que autre paradoxe est que ce livre cionsacré à une méthode pratique de développement corporel ne contient pas la description d’un seul exercice. Nous voulons éviter par là que la pure Connaissance intellectuelle de l’exercice ne risque de remplaces la ratique réelle.
D’autre part, nous savons combien la mariere des faire l’exercice pour charin, adapavo is ses problèmes et à morendances, est plus importante que la forme extérieure. Au moins dans les preplus immante que ai pratique, la prisero sative d’un professeur xpes du te nous apparait indispensable. Disons enfin que, si ces pages donnent l’impression de guelque chose de theorique ind’abstrait, le, pique de tielles reuse. En effet, comprendre dans quelle direction travailler est une bonne chose, mais faire réellement le travail en est une autre. Toute transformation est un processus qui demande du temps. Même si la transformation semble apparaître par paliers, la préparation indispensable de ces changements s’est faite dans le temps. Mais le temps lui-même est inutile s’il n’est pas nourri par un vrai travail, dont la concentration et la régularité sont plus importantes que la force et la quantité. Cela exige un minimum de courage et de persévérance dans l’effort. Et dans ce domaine on ne reçoit réellement que ce que l’on a payé au plein prix avec son corps et avec son esprit.












