Fouad Elkoury
Nationalité : France
Né(e) à : Paris , 1952
Fouad Elkoury est né à Paris en 1952. Il vit et travaille entre Paris et Beyrouth.
Après avoir obtenu un diplôme d’architecture à Londres en 1979, il se tourne vers la photographie et commence à documenter la vie quotidienne dans un Liban en guerre. En 1984, ses images sont publiées dans son premier livre, Beyrouth aller-retour. Son travail sur le paysage urbain de Marseille donne lieu à une exposition au Musée de la Vieille Charité en 1986 et marque le début d’un intérêt durable pour les villes telles que Rome, Amman ou Djibouti.
En 1989, il rejoint l’agence Rapho et reçoit le Prix Médicis Hors les Murs. Il passe ensuite une année en Égypte sur les traces de Gustave Flaubert et de Maxime Du Camp. En 1991, il participe à une mission collective documentant l’après-guerre dans le centre-ville de Beyrouth. Ce travail est publié sous le titre Beyrouth centre-ville aux Éditions du Cyprès (Paris) et présenté lors d’une exposition au Palais de Tokyo en 1993. L’ouvrage devient par la suite une référence majeure dans l’histoire de la photographie.
Après la poignée de main entre Israéliens et Palestiniens à la Maison-Blanche, il séjourne à Gaza et dans les Territoires occupés. Ce travail aboutit à la publication de Palestine, l’envers du miroir (Éditions Hazan, 1996). Deux autres livres paraissent presque simultanément : Suite égyptienne (Éditions Actes Sud, 1997) et Liban provisoire (Éditions Hazan, 1998).
En 1997, il cofonde à Beyrouth la Fondation Arabe pour l’Image (Arab Image Foundation), une organisation dédiée à l’archivage et à la préservation de la photographie de la région, tout en œuvrant à rendre ce médium plus accessible. L’année suivante, il se rend en Turquie et réalise un vaste carnet de voyage photographique, qui marque la fin de sa période exclusivement photographique.
En 2002, il présente à la Maison Européenne de la Photographie à Paris une nouvelle série de compositions photographiques intégrant des images séquentielles afin de renforcer le sens, ainsi que sa première œuvre vidéo Lettres à Françoise, basée sur ses photographies de Turquie. Le catalogue Sombres est publié par Marval. En 2003, il réalise sa deuxième vidéo Moving Out. En 2004, il publie un essai sur la photographie intitulé La sagesse du photographe.
En 2005, il publie Welcome to Beirut, un journal vidéo consacré à des scènes du quotidien de la ville. En parallèle, il réalise Civilisation, fake = real?, un projet photographique sur Dubaï commandé par la Sharjah Art Foundation et exposé à la 6e Biennale de Sharjah. Après la guerre de 2006 au Liban, il crée On War and Love, un journal photographique de 33 images composites, aujourd’hui connu sous le nom de 2007 Venice Biennale, publié à Paris la même année.
Entre 2008 et 2009, il développe le projet What happened to my dreams, une série photographique de 32 images abordant diverses problématiques socio-politiques contemporaines. Cette œuvre est exposée simultanément à Dubaï, Paris et Beyrouth. Il travaille ensuite sur d’anciennes bases militaires soviétiques abandonnées, principalement en Europe de l’Est. En 2011, une exposition au Beirut Art Centre s’accompagne de la publication du catalogue Be…longing chez Steidl.
De 2012 à 2014, il est invité à réaliser plusieurs projets : Thessaloniki, a multi-ethnic past, une composition photographique inspirée du livre Salonica de Mark Mazower, présentée en 2014 au Musée byzantin dans le cadre de PhotoBiennale ; Atlantis, une projection retraçant le voyage d’Arafat de Beyrouth à Athènes en 1982, présentée à la 9e Biennale de Gwangju ; Civil War, projet vidéo présenté aux Halles de Schaerbeek à Bruxelles ; et Re:Visiting Tarab, un documentaire sur le projet musical de Tarek Atoui, présenté à Sharjah en 2014. La même année, il présente à la Maison Européenne de la Photographie Le plus beau jour, une installation composée de multiples couches photographiques basées sur le poème d’Etel Adnan To be in a time of war, et expose Destructions à la Galerie Gilles Peyroulet & Cie à Paris et au 12e Festival de Gwangju en Corée du Sud.
Entre 2015 et 2020, il compose deux livres, Letters à mon fils et Passing Time, une anthologie de ses photographies du Liban, avec l’aide de Manal Khadar et Gregory Buchakjian. Il transforme également On War and Love en film, en réalise le montage et édite The River et Nothing to Lose. Il expose dans le monde entier (Moscou, Londres, Le Caire, Buenos Aires, Umea, Rome, Beyrouth, Dubaï, Art Basel). Il photographie également la ville de Dubaï en vue d’une grande exposition organisée à l’occasion de l’Expo 2020 et travaille en consignation pour le musée Amparo à Puebla, au Mexique.
En 2017, il quitte Paris et s’installe à Beyrouth, où il crée l’année suivante Mina Image Centre, un lieu dédié à la photographie au Moyen-Orient. Après l’explosion du 4 août 2021, qui détruit totalement le centre, Mina Image Centre est reconstruit avec l’aide de plusieurs ONG. Ayant retrouvé son domicile à Beyrouth, il s’installe ensuite dans la montagne libanaise, où il commence à photographier la nature, développe un nouveau livre J’émerge et finalise le montage du film Letters to Huguette, consacré à une peintre reconnue et à la soi-disant « révolution » à Beyrouth en octobre 2019.
En 2022, la réalisatrice Kamy Pakdel lui consacre un film.
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